Je suis considérée « essentielle » et ça m’emmerde

Ça y’est, depuis quelques jours et après un an de caprice de petits bourgeois et autres ignares, les librairies sont devenus des commerces essentiels, obligés de garder leurs portes ouvertes. Et comme dit dans le titre, ça m’emmerde. Pour plusieurs raisons.

Le livre, un produit essentiel ?

Selon ces personnes qui ont criés corps et âmes pour ce changement, le livre est un produit essentiel, car culturel et nourriture de l’esprit. Et je peux comprendre que pour certain, ce soit le cas. Moi-même, je considère cela comme un élément vital de ma vie, parce qu’ils ont eu un impact très important dans ma jeunesse et ont eu une grande influence sur ce que je suis devenue. Mais ce serait ce mentir de croire que cela est le cas pour tout le monde. Premièrement parce que le livre est un produit de luxe. Malgré ce que des personnes peuvent penser, c’est un produit relativement luxueux, dont la présence dépend énormément du milieu social et de l’éducation parentale. Et si le livre était si accessible, les bibliothèques n’existeraient tout simplement pas. Il est d’ailleurs assez ironique de voir que les bibliothèques ne sont pas devenues des lieux essentiels. Le livre est-il essentiel seulement quand il est payant ?

La librairie, lieu de culture essentiel ?

L’un des argument aussi avancé pour faire de la librairie un commerce essentiel, est que c’est un lieu de culture important. Alors je ne dis pas le contraire. C’est un magasin ou la culture est relativement accessible mais c’est quand même vachement réduire la culture à peu de chose. Quid des cinémas, musées et théâtres fermés depuis un an qui crient corps et âmes pour des solutions leurs permettant d’ouvrir partiellement dans le respect des règles sanitaires. Surtout quand il est plus simple de les faire respecter dans des musées ou des théâtres que dans des petites librairies de 30 mètres carrés, au détriment de la santé des libraires. Ne nous mentons pas, ceux qui ont demandé l’ouverture des librairies avec cet argument, voulait juste une nouvelle bonne raison de pouvoir sortir qu’un réel besoin d’acheter des livres.

Un ramassis de mauvaise foi.

Certains l’auront peut-être remarqués, mais c’est une partie de la population très restreinte qui demandaient le passage des librairies en commerces essentielles. Ils sont assez faciles a trouver. Les éditeurs qui ont besoins de vendre leurs nouveautés, les politiques qui cherchent à ce faire bien voir, les bourgeois qui pensent qu’à leurs plaisirs personnels, les grands patrons qui ne pensent qu’à leurs chiffres de ventes, les auteurices célèbres dont le livre vient de sortir, les moutons qui s’en foutent et ne cherchent pas plus loin. Mais quasiment aucun libraire n’est pour l’ouverture de leurs magasins. Tout simplement parce qu’ils ne ce considère pas aussi essentiel qu’une pharmacie, une épicerie ou un médecin, parce qu’ils veulent préserver leurs santé avant de faire plaisir à des prétentieux qui de basent ne lisent jamais et ce découvre une âme de lecteur, pour des gens qui ont assurément des dizaines de livres non lus chez eux mais qui ont un besoin urgent d’en acheter des nouveaux.

Il ne faut pas ce leurrer, ceux qui ont demander à ce que les librairies deviennent des commerces essentiels sont principalement ceux qui s’y intéressent peu ou pas en temps normal. Ce sont des gens qui ce sont découvert un soudain amour de la culture et des livres sans réfléchir plus loin. Ce sont des auteurices qui ne pensaient qu’à leurs livres qui venaient de sortir et qui devait absolument ce vendre. Ce sont des gens qui ne résume la culture qu’aux livres mais ignore tout le reste, la fermeture à long terme des cinémas et autres lieux de culture, qui se fichent de la précarité des auteurices, des artistes et des intermittents et intermittentes du spectacles. Et surtout, ce sont des gens qui ce fichent de la santé des autres et ne pensent qu’a leurs plaisir et leurs orgueils personnels. Que la librairie devienne un commerce de proximité est un non-sens dans le monde de la culture mais aussi du point de vue du commerce. Quid des restaurateurs, des opticiens ou autres, bien plus essentiels et importants que des livres.

Je suis devenu essentielle et ça m’emmerde. Ça m’emmerde car c’est piétiner sur le reste des personnes travaillant dans la culture qu’on ignore délibérément, c’est piétiner sur les commerces bien plus importants et vitales, c’est piétiner sur les libraires eux-mêmes dont on ignore l’avis et qu’on met en danger. Je suis devenue essentielle et vraiment ça m’emmerde.

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